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Dans un Pays Fort



Pour ceux qui n'ont rien suivi, ça a commencé ...

 

Vide-Grenier

6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 17:22
Le mardi, c'est Aubigny. Je n'use pas la route, car il faut rallier la capitale du Cher nord en 15 minutes pour arriver à l'heure à destination.

Ce soir-là, j'aurais dû me méfier, je recevais des signaux à répétition qui m'intimaient de lever le pied.

D'abord une camionnette qui se dégare devant moi et me ralentit pendant quelques kilomètres. Sortie de Vailly, ça se dégage, je déboîte, la route est belle, elle est à moi. Un peu mouillée, mais pas verglacée. J'ai le soleil en face, mais ça va. Les courbes du Pays Fort se déroulent, j'accélère.

Mais soudain une silhouette, toute frêle, mais qui grandit si vite au bord de la route. Je freine, je m'écarte, personne en face heureusement, je croise son regard fugutivement, c'est une vieille femme, qui marche toute seule, sans gilet fluo, à la nuit tombante. Une birette. Deuxième signe.

Mais je suis déjà loin, j'ai déposé Dampierre-en-Crot et sa fameuse course de côte, son auberge, c'est parti pour la vallée de l'Oisenotte, quand je l'aperçois, ses bois dans les bois, ses gracieuses pattes déjà sur le bitume, il tâte, il se tâte, il va se lancer, ça y est, c'est trop tard, il est lancé, je freine à fond, il n'est sûrement pas seul, les voilà, un deuxième, puis un troisième, ils sont magnifiques, mais surtout qu'ils se dépêchent, je freine toujours, tout en parlant à ma fille assise à l'arrière pour qu'elle les regarde et ne soit pas effrayée par mon coup de frein, et en surveillant les rétroviseurs, soleil en face, route mouillée, par pitié surtout que personne n'arrive derrière, non, ça va, ils sont passés, et moi aussi, ouf. Trois  cerfs majestueux avaient décidé qu'aujourd'hui la route était à eux.

Alors que j'essaie de respirer à fond pour calmer les battements de mon coeur, ma fille me dit très calmement : "Il faudrait téléphoner à leur maître pour lui dire qu'ils se sont échappés !"
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commentaires

J
Elles sont toujours cornues... C'est à cause des boucs ?
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G
<br /> C'est fort possible, ils ne sont guère nombreux ;-)<br /> <br /> <br />
M
J'ai adoré ce petit récit et surtout le commentaire de ta fille ! Il n'y a pas mieux que les enfants pour faire de ces constats qui résument bien. Quant à la birette (contente d'avoir de ses nouvelles)  je gage que c'est elle, la maîtresse de ces cerfs !
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G
<br /> Je l'ai encore croisée ce soir, la birette. Elle exagère !<br /> <br /> <br />
J
Il en reste sur les cartes postales. Mais pour illustrer la couverture de la réédition de "La chieuve" d'Armand Toupet, j'avais trouvé de belles cornues à Chevaize. Cette nouvelle est censée se passer à Chavignol.
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G
<br /> C'est un comble. Chevaize est vraiment un lieu plein de ressources. "Nos" chèvres sont parmi les rares à rester cornues... même après la tempête !<br /> <br /> <br />
J
non!
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G
<br /> C'est catégorique !<br /> <br /> <br />
J
Que d'animaux étranges. Je me souviens, il y a bien longtemps, j'avais rencontré des chèvres sur les coteux viticoles du Sancerrois.
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G
<br /> Pas croyable ! Il en reste ?<br /> <br /> <br />