Pourquoi Grenelle, d'abord ? Quel manque d'imagination. Et pourquoi pas le Yalta de l'environnement ? Non, je propose qu'on déplace la table ronde à Chevaize, sous une tente en lin étanchée à la
graisse d'oie, dans le champ un peu plus haut qui est bien assez grand et où on pourra aussi garer les voitures propres et faire paître les chevaux et ânes qui amèneront les participants. On capte
très bien les réseaux de téléphone portable, et on a même le haut débit. Pour la restauration, on ferait venir des plateaux-repas des fermes et bistrots du coin, et on installerait des toilettes
sèches que les chevaizois assainiront avec les cendres de leurs cheminées. Ca tombe bien, tout le monde a rallumé la sienne.
On appellerait ça les Accords de Chevaize. Il en sortirait des propositions raisonnées où on se souviendrait qu'il existe aussi un monde rural. Bon, pour les propositions d'autres ont réfléchi
davantage et globalement les solutions sont connues. Par contre ce serait bien si les gens assumaient un peu leur choix de vie. Je conduis un véhicule polluant, par nécessité mais aussi il faut le
reconnaître par plaisir ; je veux bien être taxée, mais il ne faut pas oublier que dans la balance il y a des routes de campagne étroites, des hivers rigoureux, pas de chasse-neige, pas de saleuse,
et parfois (parce qu'il n'y a pas d'éclairage public non plus) une birette au détour d'un virage qui vous fait sursauter.