A Chevaize, on cueille, on bricole, on vote, on photographie, on râle, on se reproduit, et ça se termine toujours en potlatchs.
L'impudent qui osa défier le Pays Fort, pensant creuser impunément sa terre glaise, trancha dans sa grande ignorance le fil téléphonique qui reliait Chevaize au monde. Le hameau délaissé des pouvoirs publics en conçut un grand dépit. De ce jour, il se fit plus radical encore. D'aucuns tentèrent bien d'introduire la division dans les troupes, en réactivant subrepticement quelques lignes isolées, mais n'empêchèrent point la publication de la déclaration suivante, grâce à un acte courageux de résistance (et l'utilisation des lignes adverses).
Nous, citoyens de la Société Indépendante de Chevaize (SIC),
Libres de toute entrave depuis le jeudi 10 juillet 2008,
- Date de notre dernière connexion à ce monde insensible -
Déclarons dédaigner désormais
Défilés militaires, honneurs, distinctions
Drapeaux, oriflammes et bannières
Us, coutumes, usages et manières
Ainsi que les baillis, notaires et autres fanfarons
Et élèverons nos enfants dans ce sens
Puisque la République nous ignore
Et nous prive de moyens de communication
En démantelant les services publics.
Qu'elle ose donc nous parler de service minimum,
- Ah oui, celle-là elle est bien bonne -
On n'achète pas la paix par des demi-mesures,
Au maquis les bouch'tures !