J'ai reçu ce courriel ce matin :
"Madame,
C'est avec une affliction croissante que je suis votre blog depuis quelques semaines. Non contente de dépeindre notre merveilleuse région avec force clichés et tournures stéréotypées, vous faites
des habitants du Berry un portrait bien caricatural. Non, tous les habitants ne roulent pas les R, non, tous ne s'appellent pas Bedu, Raffaistin ou Millérioux, non, tout le monde ne se pâme pas
d'admiration devant le spectacle ordinaire d'un matin brumeux ou d'un muret de pierres rouges. Sans parler de ces panaches nucléaires qui me font l'effet d'un repoussoir ! Et cet humour galvaudé,
superficiel, où rien ne compte vraiment, quel tristesse ! Je passe sur ce stupide "concours permanent" sur le kitsch, où vous semblez prendre un plaisir très vif à vous moquer du soin que prennent
vos contemporains à décorer leur existence. Passons également sur cette manie que vous avez de faire parler lapins et canards, la littérature (anglo-saxonne, dieu merci) regorge hélas de cet
exercice pitoyable et vain. Que vous inventiez un bestiaire farfelu (rennes et dromadaires, ben voyons !) passe encore, mais vos blasphèmes soufflés dans le bec d'un palmipède sont absolument
intolérables, et je ne suis pas la seule à le penser.
Mais ce qui me choque le plus, ce qui me fait vous écrire aujourd'hui, c'est le sort tout particulier que vous faites subir à ces pauvres birettes. Notre profession n'est certes pas très aimée, je
le déplore, mais nous avons connu des évolutions que vous semblez ignorer totalement. Tandis que vous vous complaisez dans un registre folflorique - chaudrons, verrues et autres balais -, nous nous
sommes transformées, nous avons grandi avec notre époque, nous avons su modifier nos pratiques, nous insérer dans la société, voire glisser d'avisés conseils dans les oreilles de nos
dirigeants.
Je vous vois venir, ce n'est pas avec aigreur que je m'adresse à vous, mais dans l'espoir, sans doute vain, que la birette moderne soit réhabilitée. C'est bien le moins qu'elle puisse demander,
quand on sait les services qu'elle rend.
Comptant sur votre compréhension,
La birette"